PLG #7


Violences policières racistes, punks relous et haine du salariat.
Bienvenue dans les nouvelles aventures de Pour La Gloire, le podcast remplis d’hésitations et de bruits de bouche désagréables. En tendant l’oreille, vous pourrez même entendre la télé et le bricolage des voisins.

Play it loud / Joue-le fort

MÖRPHEME Hakai Shodo – 形態素 – Prank – 2009
DELETÄR La Brigade Des Tocards – Deletär – Flower Of Carnage – 2017
THE PROLETARIAT The Murder Of Alton Sterling – Bridge Nine – 2018
DOOM Police Bastard – Profane Existence – 1989
BASTARD Dear Cops – No Hope In Here – Bastard records – 2002
POLICE CHARGED Police Charge – démo CD – 2005
FINAL CONFLICT Abolish Police – Ashes to ashes – Pusmort – 1987
DS-13 Fukk The Cops – Aborted Teen Generation Havoc – 1998
PROPAGANDHI The Only Good Fascist Is A Very Dead Fascist – Less Talk, More Rock – Fat Wreck Chords – 1996
MINUTEMEN Fascist – Paranoid Time – SST – 1980
NAPALM DEATH Nazi Punks Fuck Off – Virus 100 – Alternative Tentacles – 1992
BURNING HEADS Making Plans For Nigel – s/t – Semetery – 1992
NRA Another Day At Work – Access Only – Bitzcore – 1994
DEAD KENNEDYS Take This Job And Shove It – Bedtime For Democracy- Alternative Tentacles – 1986
DISSENSION Why work for death ? – s/t – Metal Storm records – 1986
LES RATS Poubelle Trouve Un Job – Téquila – Gougnaf – 1987
LES OLIVENSTEINS Fier De Ne Rien Faire – Mélodies Massacre – 1979
THE REDSKINS Go Get Organized – Neither Washington Nor Moscow – London rds – 1986
SIN DIOS El Sindicalismo Ha Muerto – Odio Al Imperio – Difusión Libertaria La Idea – 2002
LES THUGS Welcome To The Club – IABF – Houlala – 1991

Rapport Bastamag

Le tumblr des t-shirts de Final Conflict

Le bouquin Boulots de merde !

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Jetons-les dans la Garonne !

quais

C’est marrant d’écrire. J’avais commencé cette nouvelle, l’avais laissée en plan un moment, et quand je l’avais reprise un paquet de temps après, impossible de savoir où je voulais aller à la base. Sur un truc plus sérieux il me semble, mais comme je préfère me poiler en écrivant comme ça vient que déprimer en faisant attention aux mots, y’a Péju qui est arrivé pour me sauver, et pour sauver mon héros, aka Bras Mort, aka Louis Magneux.

Je vous fais pas l’insulte de vous révéler les quelques références (qui sont d’ailleurs plutôt des clins d’œil) glissées de-ci de-là. L’idée était de me défouler en me bidonnant déjà moi-même.

En espérant que ça vous chatouillera au moins quelques nerfs et muscles du sourire.

BRAS MORT SAUVÉ DES BOURGES
(cliquer pour accéder au PDF)

 

Ah, dinde, homme : la relecture et les corrections finales ont été faites après plusieurs canettes de Heineken. S’il y a des incohérences ou des fautes, on dira que c’est la faute à la bière. Merci.

Goodbye Toulouse

pinprick

Pas plus original qu’un autre, l’âge avançant je pense, j’ai été pris de l’envie de raconter mon adolescence – d’une banalité à crever – par l’angle de ma découverte du punk. Et puis j’ai lu le super bouquin d’Alex Ratcharge qui m’a renvoyé dans les cordes. Ma confiance en moi plus ou moins rétablie, je me suis dit qu’après tout, merde, si j’ai envie de raconter tout ça, c’est qu’il doit bien y avoir une raison (que je cherche encore…). J’ai donc revu mes ambitions à la baisse et ce qui devait à la base être un zine autobio chronologique se réduira à de courts épisodes romancés comme celui proposé ci-dessous.

Même si mes souvenirs sont très confus, ce concert fait partie des déclencheurs qui m’ont fait plonger définitivement dans le punk. C’est dans les mois qui ont suivi que j’ai découvert Radio FMR et Canal SUD, que des gens de ma ville enregistraient et sortaient des disques (le gars de Panx records était dans Pin Prick) que l’on pouvait trouver dans de petits magasins qui proposaient avec leurs quelques bacs des choses tellement plus riches que les rayons de la FNAC.

Mon dieu… Je deviens pathétique à jouer le vieux con nostalgique.
Donc, bonne lecture, et merci si vous avez lu.

Le PDF :
TOULOUSE BOREDOM


TOULOUSE BOREDOM
28 septembre 1985

Assis sur ma Bleue, une main sur le 103 d’Hervé, je matais envieusement les guidons torsadés, les pots serpentins et les kits Polini exposés en vitrines. On n’avait pas la tune pour se les payer, ni le courage pour les piquer. Condamnés à balader nos corps pas finis sur les meules filées par nos paters respectifs.
– C’est bon, on peut y aller.

Hervé venait de sortir de la boutique et me montra fièrement et brièvement les deux tubes de Velox. Dis-moi ce que tu renifles, je te dirai d’où tu viens. Nous en l’occurrence, on venait d’en bas. Notre quartier, petits pavillons mitoyens tassés au bas d’une colline, mourait tranquillement dans l’ombre des barres d’immeubles plus récentes. En une génération, les ouvriers s’étaient élevés, mais seulement en nombre d’étages.

Pour le moment, pliés en deux sur nos guidons d’origine, on se tirait la bourre sur la longue rue qui longeait notre collège ; double doigt d’honneur en passant, obligé. On adorait cette putain de rue sans fin : prendre de plus en plus de vitesse, sentir le moteur en surchauffe, les vibrations du cadre qui remontent dans l’entrejambe, se dire et si le moteur pète ?… On roulait de front, chacun essayant de gagner quelques centimètres sur l’autre avant de lâcher les gaz et freiner au tout dernier moment, sur les derniers mètres, sans jamais se demander et si les freins pètent ?…

Les freins avaient tenu et on entendait craquer les moteurs qui refroidissaient. En ce début de soirée l’aire de jeux du bois de Limayrac était déserte. On fumait des clopes, allongés au milieu du tourniquet qui grinçait sur son axe. On avait mis une claque au premier tube de colle et Hervé ricanait comme un crétin.
– P’tain, tu te souviens quand on venait faire du BMX ici ? Ces pelles qu’on se prenait, con.

Du haut de nos presque quinze piges, nos douze ans nous semblaient remonter à la préhistoire. Des années qu’on filait comme le vent sur nos deux-roues, motorisés ou non, et on n’avait pas avancé d’un pouce. On se démenait comme des diables pour au final tourner en rond sur une zone extrêmement limitée et délimitée. Et on nous faisait bien comprendre qu’il n’était pas souhaitable qu’on en franchisse les frontières. Tout aussi foufous qu’on était, on flippait de toute façon de sortir de notre enclos triangulaire. La nationale et la rivière n’offraient comme perspective, quand on les traversait, que friches et champs à l’abandon. Le troisième côté était marqué par une colline abrupte qui nous séparait du centre-ville. De toute façon, après s’être tapé une demi-heure de bus, qu’est-ce qu’on y aurait foutu avec nos dix balles en poche ?

Là, nous étions en zone tampon, en terrain neutre, le bois faisait office de caisson de décompression entre deux quartiers; ni à nous, ni à eux. Eux étant ceux du quartier de La Terrasse qui, comme son nom l’indiquait, s’étalait à flanc de colline. Ils habitaient au-dessus de nous ces salauds, dans des baraques et des immeubles plus récents que les nôtres. Mais au final, nous étions les mêmes. On avait gagné notre droit d’entrée sur leur territoire grâce à la musique. Chez nous, les potes étaient plutôt branchés foot, et rencontrer la bande de La Terrasse au hasard d’une après-midi de glandouille dans ce même bois avait été pour Hervé et moi quelque chose de fantastique. Pour dire le niveau de nos ambitions…

Ils nous semblaient fichtrement adultes ces mecs de dix-sept piges, et foutrement rebelles aussi avec leurs fringues lacérées et leurs coupes de douilles en pétard. Et comme si on les admirait pas assez comme ça, ces grands frères de substitution, ils avaient un groupe ! Et on avait commencé à aller les voir en répète. Ils jouaient mal et fort, n’avaient fait aucun concert mais étaient pour nous tout aussi importants que La Souris, Oberkampf, les Clash ou les Dead Kennedys. Ils gueulaient l’ennui et la colère que nous partagions et ça faisait un bien fou de se faire niquer les oreilles par les larsens et les cymbales qui rebondissaient en tout sens dans le petit local en préfabriqué du Centre d’Animation de La Terrasse. Ils rendaient nos samedis après-midi excitants, partageaient clopes et bières avec nous sans rien demander, et il y a une semaine, nous avaient proposé de venir au premier concert qu’ils organisaient.

Après avoir attachées nos meules ni trop loin, ni trop près, on se dirigea vers la petite foule amassée devant le CAT. On s’était arrêté à la Coop choper une bouteille de Valstar qu’on commença à se passer l’un l’autre, manière de se donner une contenance et une crédibilité punk au milieu de tous ces jeunes adultes. Tout le monde parlait fort, se tapait dans l’épaule, rigolait bruyamment autour de nous qui prenions l’air détaché et blasé. Au fond de nous, nous étions surexcités ; c’était en fait notre premier vrai concert. Et j’étais hypnotisé par les amplis, minuscules comparés à ceux que possède aujourd’hui le moindre groupe débutant. Le temps de fumer deux-trois clopes en s’enfilant la bière et les Pin Prick montèrent sur la petite scène. Hervé me cogna du coude.
– Hé, t’as vu ? Y’a des filles…

Effectivement, deux mecs et deux nanas. La première lança un rythme binaire sur une batterie réduite à deux toms, une caisse claire et une cymbale et la seconde, épaulée par un gars de chaque côté, commença à chanter en moulinant sur sa guitare. J’avais bien conscience que, musicalement, ça n’allait pas péter très loin, mais hé !, cette musique était comme nous : mal dégrossie, hésitante, brouillonne, bruyante, provocatrice et en colère contre tout.

Du matos premier prix, trois accords sommaires, une scène en palettes. On n’avait pas droit à plus, mais rien à foutre. Dans nos oreilles, c’était un mur d’amplis qui se déchaînait ; devant nos yeux, des jeux de lumières multicolores aveuglantes ; autour de nous, des milliers de punks. Elle était là notre richesse. Et on l’a bue jusqu’à plus soif. Jusqu’au dernier riff qui s’éteignit lentement, comme ce premier rayon de soleil au petit matin qui te dit que tu peux enfin aller te coucher.

– Bon, on y va ? Sinon je vais me faire tuer par mon vieux moi…
De mon côté, j’aurais droit à un simple « T’étais où ? » de ma mère que je rassurerais d’un vague « Avec les copains. » En attendant, un peu bourrés, un peu défoncés, des sourires crétins de bonheur sur la gueule, on détacha et démarra nos meules, la tête encore pleine d’acouphènes. Si j’avais déjà entendu parler des fameux papillons dans le ventre sans les avoir encore jamais ressenti, je venais de découvrir les bourdons dans les oreilles. J’ignorais alors qu’ils allaient revenir encore des centaines, des milliers de fois tout au long de ma vie pour m’aider à la garder.

On reprit la rue du collège en sens inverse, à fond. La main crispée sur la poignée de gaz et le casque au coude, on profitait de ces derniers instants avant de retrouver la routine ennuyeuse d’un quotidien ou l’on n’avait rien à faire ; pas les moyens. Les yeux embués par le vent frais qui frappait mon visage, j’aperçus malgré tout au loin, sur la nationale qui s’approchait, la lueur vaporeuse de phares se dirigeant vers le croisement. Et si les freins pètent ?…

La grève des étoiles

Eh voilà. Toujours à la bourre…

Je voulais participer à la caisse de grève pleine de créativité organisée par Lizzie Crowdagger et Tanx, et bim !, les soumissions de textes sont fermées. Vous savez ce que c’est : faire les courses, faire à bouffer, aller aux AG, faire la grasse mat’, penser à ce que je pouvais mettre dans cette nouvelle en me disant « pfff, t’es con… » et s’y mettre quinze jours après ; quinze jours trop tard.

spacealiens

Bon, c’est pas très grave, hein. C’était juste manière de me retrouver au milieu d’autres copains et copines et de participer à l’effort de guerre de classe des postières et postiers en lutte, et pis des cheminots itou, même si la Frônce Insoumise a déjà pas mal ramassé pour eux.

De votre côté, vous pouvez continuer à filer des ronds pour entretenir les grèves et refiler la patate aux grévistes ; et en plus, ça vous permettra de télécharger et lire toutes les contributions.

Du coup, je mets ma pochade ici.
Ca va pas péter très loin, mais c’était juste pour me marrer.
Bonne lecture.

Lager des étoiles

PLG #6

IRON MONKEY Bad year – Our problem – Earache – 1998

GRIEF Depression – Depression – Grievance records – 1992

FLIPPER Living for the depression – Album Generic Flipper – Subterranean records – 1982

HASSLER Love this job – Fed worked and watered – Deranged – 2014

DIE KREUZEN This hope – s/t – Touch & Go – 1984

HÜSKER DÜ Obnoxious – Everything falls apart – Reflex – 1983

ANGOISSE Antsietatea – Démo 2015 – autoprod – 2015

FRAMTID Anguish – 8 Track EP – Crust War – 1999

HERESY Anguish of war – 1985-’87 – Boss Tuneage – 2005

MK ULTRA Teen angst – va Tomorrow will be worse volume 2 – Sound Pollution – 2000

CHERUBS Quitter – Short of popular – Trance Syndicate – 1996

UNSANE Get off my back – Scattered, smothered & covered – Amphetamine Reptile – 1995

GREENMACHINE On + Muddy – D.A.M.N. – Man’s Ruin – 1998

NRA Riot – Leaded – Virgin (eh oui!) – 1997

WASTED TALENT Ready to riot – Ready to riot – Going underground – 2015

AGNOSTIC FRONT Riot, riot, upstart – Riot, riot, upstart – Epitaph – 1999

AVAIL Riot at Monroe – 4AM friday – Lookout – 1996

(YOUNG) PIONEERS Fuck the labor pool – On trial – Lookout – 1997

[fond sonore : EARTH « Hex ; or printing in the infernal method » – Southern Lord – 2005]